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Des hommes dans ma situation / Per Petterson

Suggestion : roman norvégien

C’est un bien triste récit et en plus, il ne se passe pas grand-chose… C’est un livre qui décrit la profonde crise que traverse Arvid Jansen. Proche de la quarantaine, Arvid est un écrivain reconnu dans son pays, la Norvège, mais les malheurs qu’il a accumulés ces dernières années l’ont anéanti. Son épouse, Turid, l’a quitté, emmenant avec elle leurs trois fillettes. Ses parents et deux de ses frères sont décédés dans l’incendie et le naufrage du ferry Scandinavian Star, faisant la liaison entre Oslo et le Danemark. Arvid se trouve donc esseulé dans son appartement d’Oslo. En panne d’inspiration, il passe ses jours et ses nuits à errer dans la ville, à s’enivrer dans les bars, à la recherche d’une femme avec qui passer la nuit. Souvent, il prend sa vieille Mazda et roule sans but à travers la région, dormant dans sa voiture lorsque son lit lui semble par trop inhospitalier. Il visite des endroits qu’il a connu, dans ses jeunes années, à la recherche de souvenirs ou d’amis perdus, décrit les paysages qu’il traverse et la morsure du froid. Seule la présence de ses filles, qu’il garde un week-end sur deux, semble le raccrocher à la réalité tant il sombre dans le désespoir d’un deuil sans fond. Que deviendrait-il si cette garde lui était retirée?

Per Petterson excelle à décrire avec une infinie pudeur les sentiments masculins. Arvid Jansen était déjà le personnage central du roman Maudit soit le fleuve du temps. Ces deux œuvres semblent en bonne partie autobiographiques. Par des itinéraires très précis, Arvid vous fera arpenter la ville d’Oslo de fond en comble. Munissez-vous d’un plan ainsi que d’une carte de la région si vous désirez suivre vraiment ses déambulations. Quelques pages d’une beauté surprenante émaillent le récit, notamment celles où Arvid relate ses rêves, ainsi celui de sa propre mort, lorsqu’il est aspiré par le calice d’une fleur (p. 49 et suivantes). Comment ne pas penser aux films d’Ingmar Bergman? Ce roman s’inscrit parfaitement dans ce courant d’introspection qui constitue une des richesses de la littérature scandinave.

(Colette)

 

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